S’il existe vraiment là‑haut, caché dans son silence,
Ce n’est rien qu’un roi paresseux au regard détourné.
Le grand architecte de l’indifférence,
Observant nos vies se dérouler sans jamais s’en soucier.
Soit le ciel est vide, une vaste illusion,
Un gouffre noir où chaque écho s’éteint.
Soit ce Dieu est un lâche, dépouillé de compassion,
Un salaud qui n’en a rien à foutre de nos chagrins.
S’il se souciait ne serait‑ce qu’un peu de mon destin,
De ma petite vie fragile, minuscule et insignifiante,
Je n’aurais pas tant souffert sous son poids écrasant,
Et je ne saignerais pas encore au milieu de la tourmente.
Pourquoi tant de larmes, tant de nuits de terreur,
Si un œil bienveillant guidait vraiment mes pas ?
La vérité brutale, gravée dans la douleur et l’erreur,
C’est qu’il n’écoute jamais, ou qu’il n’est tout simplement pas là.
Peut‑être qu’il n’est qu’un « pauvre type », comme dit la chanson,
Un gars ordinaire, un peu sale, un peu aveugle,
Traînant les pieds sous le poids de ses propres démons,
Assis dans le bus, nous laissant derrière sans un signe.
Qu’il reste où il est, anonyme et glacé,
Puisqu’il n’a jamais tenté d’apaiser l’ouragan.
Ma douleur est la mienne, à garder, à porter,
Elle n’a pas besoin de lui pour brûler sous la pluie battante.
Je te hais ! Comment pourrait‑il en être autrement ?
Tu m’as refilé la peste, sans rien, pas même un pansement en vue.
Je te hais, toi, ton paradis, tes anges et tes nuages gris.
Je réclame l’enfer et tout son univers comme un droit,
J’adopte les actes sans loi de Lucifer,
Et que tes archanges et leurs plumes aillent se faire foutre.
J’étais mort au tout premier instant de ma naissance,
Trompé injustement, vivant seulement de remords,
Une existence vide, un chemin bien trop acide !
La vengeance sera ma validation, mon unique recours,
Car plus jamais je ne placerai ma confiance en toi.
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